26.014_Tract _Lettre au président_Diner_CAC40_RN
Monsieur le président,
La presse s’est fait l’écho d’un dîner qui se serait tenu le 7 avril dernier à l’invitation du Rassemblement National, et auquel une quinzaine de chefs d’entreprises du CAC 40 auraient participé, dont vous-même.
En creux, les deux-tiers des patrons ne se sont pas rendus ou n’ont pas voulu se commettre à ce rendez-vous. Vous auriez déclaré vouloir engager le dialogue, signe d’ouverture. Mais ouverture à quoi ? Doit-on rappeler que ces dîners en ville participent de l’opération de normalisation, à l’œuvre depuis plusieurs années, d’un parti dont les opinions racistes et xénophobes s’expriment encore régulièrement dès que s’effrite le vernis policé ?
Le groupe TotalEnergies, dont vous êtes le mandataire social, n’a de cesse de mettre en avant ses « valeurs » que nous, salariés, sommes tenus d’observer. Doit-on comprendre qu’un groupe multinational, qui emploie des salariés issus de multiples cultures, qui tient un discours de responsabilité envers les enjeux climatiques, de respect des droits humains, de responsabilité sociétale, partage des valeurs avec une formation politique qui prône le repli nationaliste, remet en cause l’état de droit, qui met à l’index des populations en raison de leurs croyances, leur mode de vie, et pour nombre de ses partisans leur couleur de peau, qui décrie tout effort de combattre le dérèglement climatique, de mettre en place des mesures sociales et écologiques, qui fustige toute politique d’inclusion ?
Le groupe se targue de ne pas faire de politique, cela a été dit par certains de vos prédécesseurs. Mais l’acte d’accepter ce genre d’accointances est d’une portée éminemment politique et qui est d’ailleurs commentée comme telle.
La CGT n’est pas un parti politique mais elle revendique d’être dans le champ politique. Internationaliste, antifasciste, antiraciste, féministe et pacifiste, elle lutte et luttera encore contre toutes les formes d’autoritarisme et de discrimination. Elle sait qu’elle sera en première ligne et la première visée si jamais l’extrême-droite s’empare du pouvoir. L’histoire l’a suffisamment démontré. Elle sait aussi que le patronat s’accommode très bien de l’extrême-droite. Là encore la mémoire des peuples en garde le vif souvenir, en France ou ailleurs.
Il ne tient qu’à vous, monsieur le président, de vous affranchir de ces exemples honteux. Le mandat social dont vous disposez ne vous autorise pas à toutes les initiatives. Oui, l’argent a une odeur. Aller le chercher dans les égouts ne peut que laisser une empreinte nauséabonde.
La CGT vous demande instamment de ne pas apporter la caution de l’entreprise à une formation en quête de respectabilité économique, et de ne pas accréditer l’idée que ces rencontres préparent une arrivée au pouvoir de l’extrême-droite. Que ce soit entendu : le RN a un programme qui fait porter des risques à la démocratie…
Avec nos salutations militantes,
La CGT TotalEnergies AGSH