Statut des expatriés : le grand Fiasco !

La Direction oublie la famille…

Lors du CSEC du 9 juin, la direction de Total a annoncé sa volonté de passer les expatriés en contrat TGI et, de faire que les retours en filiale jusqu’en septembre 2021 ne soient qu’au statut de célibataire géographique. Les élus du CSEC ont voté pour une expertise pour mesurer l’impact fiscal et social de ces mesures.

Malgré l’insistance de la CGT, dans les différentes instances toutes UES confondues, et même par courrier auprès de la Direction Groupe , de la nécessité d’une négociation indispensable sur le sujet des RAPMI il n’a été  proposé qu’un pseudo échange pour répondre à toutes les inquiétudes des salariés concernés et pour faire éventuellement évoluer le statut.

La Direction a donc convoqué toutes les organisations syndicales (OS) pour une réunion Questions/Réponses deux jours après avoir présenté son projet devant les élus du CSEC, en expliquant qu’il fallait lui faire passer toutes les questions la veille avant 16h afin qu’elle puisse les traiter. La CGT s’est tant bien que mal exécutée, enrichissant de ses différentes questions et propositions le fichier power point fourni par la direction qui devait servir de support.

La CGT a été la seule organisation syndicale  à désigner pour cette réunion des membres actuellement en expatriation, un rotationnel et un célibataire géographique, donc  complètement concernés  et plus à même de faire valoir les problématiques du terrain lors des discussions.

La Direction était de son côté représentée par des salariés administratifs, sans aucune expérience des relations sociales. Et, on n’a pu que le constater, sans aucune préparation. Le document qui a été projeté était celui mis en pièce jointe dans la convocation et non celui qui devait être le support de questions/propositions. Cela en dit long sur la volonté de la direction de prendre le sujet au sérieux…

Dès l’ouverture, les représentants de la Direction, ont fait comprendre que cette réunion n’avait pour but que de rassurer les salariés sur les procédures administratives lors du changement de situation. Et qu’il n’y avait aucune volonté de parler du statut ni éventuellement de l’améliorer.

Il est clair qu’elle cherchait à avoir la caution de certaines organisations syndicales afin de les aider à faire avaler la pilule aux salariés.

La CGT a expliqué que selon elle le format de cette réunion n’était pas adapté aux attentes des salariés et que les sujets que la Direction souhaitait aborder étaient trop maigres. De plus, le temps imparti de 2h était loin d’être suffisant. Elle a aussi immédiatement averti qu’elle ne serait pas caution de ce projet.

A notre grand étonnement, les représentants de la Direction, pourtant spécialistes de l’expatriation, n’étaient pas au fait des subtilités du statut de célibataire géographique (CG).

En effet, la direction se targue d’avoir doublé l’indemnité de séparation familiale et de payer l’équivalent de 5 voyages aller-retour pour les CG forcés. Elle veut dans les mêmes conditions de séparation rémunérer différemment des salariés de statut familial différent ; elle oublie cependant un élément primordial de la loi française qui est l’égalité de traitement. Ainsi : •Si vous êtes marié, pacsé ou concubiné (depuis plus d’un an) le CG a le droit à une indemnité de séparation familiale et à un forfait de 5 allers-retours dont le montant diffère entre les différentes filiales. •Si vous êtes célibataire, et même si vous avez un ou plusieurs enfants, et même si vous avez un droit de visite ou que vous payez une pension à votre conjoint(e), les RAPMI sont claires : forfait de 2 voyages et aucune indemnité de séparation !

Donc, si vous étiez en expatriation en tant que célibataire et avec vos enfants, à votre retour en expatriation après la crise, vous ne pourrez pas revenir avec vos enfants, et malgré la séparation vous n’allez pas avoir droit aux propositions de la direction.

Si par le passé, en tant que CG choisi, vous faisiez venir en vacances vos enfants ou votre conjoint(e) dans le pays d’expatriation, vous n’aurez plus la possibilité de le faire, mais vous n’aurez pas non plus le droit aux propositions de la Direction.

La CGT a essayé de faire entendre qu’il était indispensable de revoir ce statut afin de préserver l’équilibre familial, pour éviter des drames familiaux et les risques psycho-sociaux (RPS) dus à la séparation.

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