NAO / Salaires 2026 – Le passage en force comme seule ligne de conduite
La Direction ne se contente plus de refuser le dialogue social : elle l’écrase volontairement.
En affirmant qu’aucune amélioration ne sera apportée à un accord minoritaire unanimement jugé insuffisant par les organisations syndicales, elle démontre un mépris total pour la représentation des salariés.
La CGT a pourtant pris toute sa part de responsabilité en formulant des propositions concrètes et réalistes : réouverture des négociations, amélioration de l’accord soumis à signature, abandon de la clause de repli — clause déjà abandonnée par la Direction en 2018 lorsqu’elle reconnaissait elle-même son caractère inacceptable. Aujourd’hui, la Direction revient en arrière, sans justification, sans discussion, sans honte.
Faute de pouvoir imposer un accord par la négociation, la Direction choisit le passage en force par le référendum. Une manœuvre cynique qui consiste à miser sur la lassitude et la résignation des salariés, en espérant qu’ils accepteront une proposition minimale sous prétexte qu’« il vaut mieux ça que rien ». C’est une stratégie indigne qui vise à contourner les syndicats et à faire porter aux salariés la responsabilité d’un choix que la Direction refuse d’assumer.
Qu’on soit clair : la Direction n’est prisonnière de rien. Si elle souhaite appliquer seule cette proposition largement rejetée par les organisations syndicales représentatives, qu’elle le fasse ouvertement, sans se cacher derrière les salariés et sans travestir la réalité du rapport de force.
Le mécontentement qui s’exprime aujourd’hui est limpide. Les salariés revendiquent des augmentations générales de salaires, garantes d’équité et de reconnaissance collective du travail fourni. La Direction, elle, persiste dans sa volonté d’individualiser les rémunérations, au détriment de la justice sociale, de la cohésion collective et du pouvoir d’achat.
La CGT réaffirme avec force son attachement au salaire socialisé, seule réponse juste à la richesse produite collectivement par les salariés. Ce principe est incompatible avec les logiques managériales de division et d’individualisation portées par la Direction.
Enfin, le « bon dialogue social » et le levier “Care” que la Direction ne cesse de revendiquer dans ses communications internes et externes apparaît aujourd’hui comme une pure opération de communication. Les actes démontrent exactement l’inverse : refus de négocier, passage en force, mépris des représentants du personnel et déni des revendications salariales.