Soirée Théâtre et débat public sur la campagne syndicale contre les idées d’extrême droite : pourquoi?

L’extrême droite est un vieux courant politique qui par le passé a déjà sévi pour s’opposer aux aspirations populaires ; dans les années 1930 ce sont les ligues fascistes qui ont voulu par exemple renverser la République, mais ce sont aussi tous les mouvements autour de Pétain qui ont collaboré avec le régime nazi et participé aux crimes contre l’huma-nité pendant la seconde guerre mondiale, ou l’OAS pendant la guerre d’Algérie. Le Front national créé en 1972, est clairement l’héritier de cette histoire et s’inscrit dans ce courant politique, qui comprend de nombreux mouvements : les Identitaires, Alain Soral et Dieudonné, Dupont Aignan, la Manif pour Tous et bien d’autres.

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Le 23 mars, à partir de 20h, une représentation théâtrale aura lieu dans la salle de spectacle à Serres Castet ouvert à tout public.

Un apéritif est organisé avant le début de la représentation.

Il s’agit de la pièce de théâtre « chocolat blues »  de Gérard Noiriel, sociologue-historien, ayant fait de nombreux travaux sur l’histoire de l’immigration en France.

L’entrée est libre et la participation financière au bon vouloir de chacun.

A l’issue de la pièce de théâtre, un débat sera organisé avec

  • Gérard Noiriel,metteur en scène,
  • Pascal Debay, représentant confédéral CGT
  • Jeremy Zorzer, militant C.G.T. de la commune d’Hayange dirigée par le Front National.

FLYER SERRES CASTET

Depuis quelques années et l’arrivée de Marine Le Pen à sa tête, le FN essaie, grâce à une habile stratégie de communication, de donner l’image d’un parti à la fois respectable et différent des autres, il tente de se dédiaboliser ! Le FN reste un parti pro­fondément nationaliste, raciste et xénophobe, même s’il a évolué d’un programme ultra-libéral à des positions prétendument plus sociales (retraite à 60 ans, augmentation de l’AAH et du minimum vieil­lesse, « défense » des services publics). Sur les réseaux sociaux de nombreux cadres de ce parti tiennent des propos honteux et souvent condam­nables par la loi.

Les porte-paroles du FN sont actuellement hyper formés en communication ; en utilisant à fond la fenêtre émotionnelle que leur offrent les tribunes télévisuelles, et à partir d’un vocabulaire très ciblé, ils manipulent les concepts et idées dans l’objectif de ratisser large.

Attention de ne pas tomber dans les filets de la dictature des émotions qu’ils mettent en œuvre où, parce que des critiques du mouvement syndical sont par exemple reprises, on pourrait croire que l’objec-tif est le même !

Observez leurs imprécisions et manque d’arguments chiffrés.

Les critiques sociales proclamées par ce parti sont une stratégie masquant leur absence totale de volonté de renverser le déséquilibre à l’œuvre entre les possesseurs du capital et les salariés ne vivant que de leur travail. Rien à attendre de leur part pour nos salaires, notre protection sociale, les services publics, la sortie de l’austérité.

Leur gestion des communes démontre l’imposture de ce parti : leur absence de volonté de s’attaquer à la précarité est à remarquer, en revanche le clien­télisme et les pressions anti syndicales sont toujours leur marque de fabrique ! Leur récent amour pour les fonctionnaires et services publics est conjonctu­rel, leurs propositions s’inscrivent dans une logique libérale, populiste et sécuritaire.

Lors de la lutte contre la Loi Travail, plusieurs amen­dements ont été déposés par messieurs Rachline et Ravier, sénateurs FN, pour la suppression du compte pénibilité, pour le doublement des seuils sociaux ou la limitation du monopole syndical (par exemple la possibilité de listes non syndicales dès le premier tour des élections professionnelles). Face à la popu­larité de l’action des salariés et de la CGT contre la Loi Travail dans l’opinion publique, le FN a été contraint de faire marche arrière et de retirer ses lamentables amendements…Dans leur programme présidentiel, toujours des baisses de cotisations « lisibles et visibles » pour les entreprises et les riches, mais rien sur le Smic ou les retraites, à part une fumeuse prime de pouvoir d’achat basée sur une vague taxe à l’importation qui ne réglera rien. Le FN veut aussi soit disant supprimer la directive déta­chement qui autorise des employeurs en France à faire venir des salariés d’autres pays d’Europe, où les cotisations sociales sont plus basses, alors qu’en 2014 au Parlement européen il s’est abstenu sur le vote de la directive !

Le bon sens, expression très à la mode dans le vocable mariniste, ne peut vous faire oublier que c’est fort de café de se réclamer du peuple et des plus faibles lorsqu’on est soit même l’héritière d’une dynastie capitaliste et qu’on a grandi dans un château bien loin du quotidien des salariés ! Le clan ou sys­tème Le Pen, c’est aussi certes le slogan « Les fran­çais d’abord », mais surtout la famille avant tout… Et attention : interdiction de questionner sur les embauches et salaires versés par exemple dans le cadre des mandats européens qu’ils détiennent ! La prospérité tant promise commence par soi-même à l’extrême droite !

La base de la politique du FN c’est la priorité nationale, reformulée aussi patriotisme économique… L’ancienne version c’était la préférence nationale, bref des termes qui tous expriment la volonté politique de réserver les emplois, les logements, les aides sociales aux détenteurs de la nationalité française, mais en excluant une autre partie des classes populaires.

La fausse solution du capitalisme national, du pro­tectionnisme à la sauce FN, c’est de la poudre aux yeux vendue avec le kit « sortie de l’euro » reformulé « instauration d’une monnaie nationale » : mistigri non chiffré, mais à l’origine des sorties verbales et attitudes théâtrales de leurs dirigeants contre le « système ».

Le FN joue donc sur la corde « anti-mondialiste ». Pour notre part, nous revendiquons une autre mondialisa­tion où les solidarités internationales priment en termes économiques, politiques et sociaux, contrai­rement à l’opposition entre les peuples prônée par l’extrême droite. En effet, que le capitalisme soit d’ici ou d’ailleurs, peu importe, pour les salariés c’est bien l’exploitation qui est en cause. C’est bien cela qui pro­voque l’accaparation des richesses par une minorité. Et c’est bien l’union à grande échelle des salariés, quelle que soit leur nationalité et leur lieu de travail, qu’il convient de rechercher. Le droit du travail fran-çais est par exemple le seul à permettre aux salariés étrangers d’être candidats et électeurs lors des élec­tions professionnelles ! Nous diviser sous couvert de « préférence nationale » ne peut servir que ceux qui exploitent et s’accaparent les richesses.

La CGT le réaffirme, l’histoire de notre pays ou ail­leurs dans le monde l’a démontré, lorsque l’extrême droite est au pouvoir la situation des travailleurs ne s’améliore pas !

Parce que la CGT est aussi pour une société basée sur l’émancipation des travailleurs, l’égalité des droits actuels et la conquête de nouveaux, la justice sociale et la solidarité entre tous les travailleurs y compris privés d’emploi, nous ne pouvons rester neutres, laisser faire et voir le poison de la division, du repli et du racisme se développer au cœur du salariat.

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