Compte Epargne Temps : un dispositif en trompe l’oeil !

Le Comité Central d’Entreprise de l’UES Amont, réuni le 12 avril dernier, a émis un avis négatif sur le protocole d’accord mettant en place un Compte Epargne Temps, en complément du dispositif PEC-PERCO, retraite supplémentaire et d’épargne à vocation retraite.
Les élus de la CGT ont voté cet avis négatif, considérant que cette disposition, au lieu de soulager ceux des salariés qui se voient écrêter des jours de congés ou des RTT à cause de leur charge de travail, encourage le développement de telles pratiques. Au lieu de régler le problème à la source, le dispositif traite la question a posteriori : une cautère sur une jambe de bois !


Syndicats et Direction se sont retrouvés, par ailleurs, pour négocier un accord sur la prévention des « risques psychosociaux ». Comment, dans ce cadre, mettre en place un CET qui valide la non-prise des jours de repos du fait du manque de temps pour réaliser son travail ? Au lieu de
lutter contre une organisation du travail génératrice de stress et de fatigue, on entérine et on gère l’inacceptable, les repos non pris deviendront la norme.
La CGT se refuse à cette conception schizophrénique des relations sociales dans l’entreprise, comme elle se refuse à faire le grand écart entre deux accords aux antipodes l’un de l’autre.
Trop de jours de congés ?
Dès le début des négociations, la direction avait donné le ton en déclarant : « les salariés ont, aujourd’hui, trop de jours de congés dont ils ne savent pas quoi faire. ». De fait, lors de cette négociation, elle ne s’est pas privée d’afficher le nombre de rachats de RTT opérés, notamment par l’encadrement ! Pourtant, dans notre entreprise, des salariés sont confrontés à des difficultés financières, et/ou font difficilement face à des objectifs de compétitivité, fixés par les directions, inatteignables par manque de moyens organisationnels, notamment d’emplois, pour les mettre en oeuvre.
La CGT, lors de l’examen des bilans sociaux de l’entreprise, s’est inquiétée de l’augmentation des absences et du taux d’arrêts de maladies entre 3 et 10 jours, lesquels concernent un nombre croissant de salariés. Quand on sait que la fréquence des visites médicales du travail a elle été réduite, devenues biannuelles et non annuelles…
Dès l’ouverture de ces négociations, la CGT, avait demandé le report de l’éventuelle mise en place d’un CET, dans l’attente des négociations sur la pénibilité, dans lesquelles devraient être abordés la prévention à travers l’organisation du travail, le temps travail, les effectifs… Mais les  signataires de l’accord CET et la direction en ont décidé autrement.
De fait, la Direction de Total s’inscrit dans une logique initiée depuis le début du quinquennat présidentiel, qui n’a eu de cesse que de détricoter le droit social français. Ne nous y trompons pas : il s’agit là d’un retour sur l’attribution de la 5éme semaine de congés payés et un nouveau coup de canif à la Réduction du Temps de Travail. C’est également un moyen de masquer que les augmentations salariales ne sont plus à la hauteur en
permettant de monétiser son temps de repos.
La CGT ne peut cautionner de tels systèmes qui vont à l’encontre d’une conception équilibrée de la vie professionnelle et du nécessaire temps de repos. Elle alerte les salariés sur les dangers de ce dispositif rendu attractif à coups d’abondements.

Descriptif du dispositif :

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